Forbach : Le rêve d’ascension ou cauchemar en chute libre ?

Chronique d’un sédentaire désespéré

Je vous le dis sans détour;  la recherche d’un travail dans cette ville, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin en pleine tempête de sable ! Sauf que même l’aiguille elle a décroché son contrat ailleurs.

Chaque matin, je me réveille avec l’espoir fou qu’un recruteur surgira de nulle part pour me proposer LE POSTE dont j’ai toujours rêvé (ou juste un travail), quelque chose qui me permettrait de payer mon loyer sans passer mes soirées à éteindre la lumière avant de manger (parce que les factures d’électricité c’est plus cher que le caviar).

Je suis ce journaliste satirique, armé de sa plume acérée se retrouve à vivre une tragédie moderne. Coincé entre les attaches de la famille et des amis et l’ombre d’un avenir professionnel qui se dérobe à chaque coin de rue.

Quitter cette ville paraît aussi insensé que partir en expédition vers Mars sans fusée, un saut dans l’inconnu où soyons francs, personne ne nous attend pour offrir un café ou un emploi stable.

La vie ici se résume à un paradoxe cruel
Rester, c’est s’étioler dans une atmosphère de mélancolie ambiante et d’espoirs déchus.
Partir, c’est affronter l’inconnu, là où l’on redoute autant l’isolement que la solitude.

Chaque jour je me demande quand viendra ce fameux miracle, cette éclaircie dans le ciel de nos existences grises, qui redonnera goût à la vie et joies de vivre à ceux qui se sont égarés entre promesses non tenues et rêves d’un avenir meilleur.

Vous me direz, « Mais pourquoi rester là si c’est l’agonie sur toute la ligne ? »
Très bonne question, que je me pose chaque nuit entre deux insomnies.
La réponse ? Eh bien, j’ai la fâcheuse manie d’aimer mes amis, ma famille, ce troquet où je retrouve mes potes pour échanger nos plus beaux soupirs.

Alors oui c’est beau la liberté, mais c’est un poil moins sympa quand personne ne vous attend de l’autre côté. Je vous vois déjà me juger derrière votre écran : « Il exagère, il n’a qu’à bouger ailleurs tiens ! » Vous n’avez pas tort, j’envie même la tante qui vit à la campagne avec son potager et ses trois poules, loin de l’océan de CV rejetés qui me submerge.

À force d’entendre que « ça ira mieux demain »
Je me demande : demain, c’est où au juste ?
Dans cette légende que l’on se transmet de bouche à oreille, comme quoi un jour on verra fleurir des postes vacants comme des coquelicots au printemps ? Mais pour l’instant, c’est plutôt l’hiver nucléaire dans le moral et dans celui de mes voisins.

La spirale des visages moroses
Pendant ce temps, la ville se transforme en film apocalyptique sans aliens ni zombies, on n’a pas ce luxe !
Juste des gens avec l’air triste, le regard vide, le moral en berne. Les pigeons aussi font la gueule, ils ne se fatiguent même plus à piquer les miettes de sandwichs, c’est vous dire. Je vous assure qu’on en viendrait presque à les plaindre, ces pauvres volatiles qui eux non plus ne trouvent pas leur bonheur ici.

En attendant, je continue d’écrire, de rire et de pleurer en espérant que quelque part, derrière l’angle de la rue se cache le prochain acte de cette farce tragique qu’est le quotidien.

Et si vous aussi vous sentez que la ville vous dévore un peu plus chaque jour, sachez que nous sommes tous les acteurs d’un même spectacle absurde en quête de ce miracle capable de ranimer la flamme de notre existence.

Et la joie de vivre dans tout ça ?
La joie de vivre c’est devenu un concept ésotérique, un peu comme la licorne ou le mythe de la semaine de 4 jours payée double. Mais on continue, on s’accroche, on se dit qu’un jour on racontera tout ça en rigolant devant un feu de cheminée, un verre de rhum dans la main (ou un verre d’eau du robinet si la crise continue). On espère que ce fameux miracle arrivera et qu’il tombera du ciel un petit boulot avec un sourire sur les visages … un peu d’optimisme.

En attendant, je regarde mes e-mails, vide comme le regard d’un pigeon blasé, et je me dis que la satire, c’est la meilleure façon de survivre dans cette ville figée. Si vous êtes dans le même cas, sachez que vous n’êtes pas seuls. On est nombreux, très nombreux, à attendre ce foutu miracle.

David SCHMIDT

Quitter la version mobile