US Date:25 November, 2020

L’Arménie ? Ou comment un peuple est traité comme de la merde ?

L'histoire d'un peuple catholique qui subit, faute de moyen militaire et par intérêt pétrolier !

L'accord de fin des hostilités signé entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan

Fin de la guerre entre les deux républiques du Caucase ?

L'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Russie ont annoncé mardi 10 novembre qu'ils avaient signé un accord pour mettre fin au conflit armé dans le Haut-Karabakh. Cet accord confirme les gains territoriaux de l'Azerbaïdjan contre la république sécessionniste du Haut-Karabakh alliée à l'Arménie.
Selon le président russe Vladimir Poutine, les belligérants conservent "les positions qu'ils occupent", ce qui consacre des gains territoriaux importants pour Bakou. Voici ce qu'il faut retenir de cet accord.

Une défaite militaire pour l'Arménie

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a été le premier à annoncer cette nouvelle, dans la nuit du lundi 9 au mardi 10 novembre, sur son compte Facebook.

"Chers compatriotes, (...) j'ai personnellement pris une décision très difficile pour moi et pour nous tous. J'ai signé une déclaration sur la fin de la guerre du Karabakh avec les présidents russe et azerbaïdjanais dès 1h du matin [du matin, le 10 novembre]. “ Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian sur son compte Facebook

"J'ai pris cette décision suite à une analyse approfondie de la situation militaire", a-t-il précisé sur son compte Facebook. L'accord conclu ratifie en effet la défaite sur le terrain de l'Arménie alliée à la république séparatiste, après six semaines de lourds combats dans l'enclave, marqués par l'avancée des troupes azerbaïdjanaises. Bakou a revendiqué lundi 9 novembre la prise de la deuxième plus grande ville du Haut-Karabakh, Choucha, située à 15 km de la capitale séparatiste, Stepanakert. Plusieurs milliers de personnes, selon Reuters, seraient  mourt dans cette guerre.

Un accord conclu sous l'égide de la Russie

Vladimir Poutine, suivi par d'autres parties prenantes, a alors confirmé l'accord. La Russie déploiera des soldats de la paix le long de la "ligne de contact", c'est-à-dire sur l'ensemble du front arméno-azerbaïdjanais. Elle a annoncé le décollage des six premiers avions Ilyushin 76 transportant des soldats de la paix russes au Haut-Karabakh. Au total, 1.960 soldats, 90 véhicules blindés et 380 véhicules seront mobilisés. Les soldats russes resteront dans la région pendant cinq ans renouvelables. Les forces russes seront également chargées d'assurer la sécurité du corridor de Latchin, un cordon ombilical essentiel pour l'approvisionnement du Karabakh depuis l'Arménie.

Après trois tentatives infructueuses de cessez-le-feu, cet accord renforce l'image de la Russie en tant qu'arbitre entre les deux anciennes républiques soviétiques. En revanche, le texte ne mentionne pas le médiateur historique du conflit, à savoir le groupe de Minsk, un groupe de pays coprésidé par les États-Unis, la Russie et la France. Le rôle de la Turquie n'est pas non plus mentionné dans le document, mais selon l'Azerbaïdjan, Ankara, son grand allié, aura un rôle à jouer dans le maintien de la paix (Personnellement, je dirai qu'il a contribué a cette guerre, mais nous, les journaliste nous devons être ... Neutre.)

Bakou conserve ses acquis territoriaux

Dans le cadre de cet accord, l'Azerbaïdjan conserve tous les territoires reconquis dans le Haut-Karabakh proprement dit, même au sein de la république séparatiste. A commencer par la deuxième ville de l'enclave, Choucha, une ville historique et stratégique située sur la route reliant l'Arménie à la capitale séparatiste Stepanakert. A partir du dimanche 8 novembre, les Azerbaïdjanais ont célébré cette victoire, rapporte France 24.

L'Azerbaïdjan a également repris plusieurs des sept districts composant le glacis de sécurité mis en place autour du Haut-Karabakh par les séparatistes arméniens depuis les années 1990, notamment ceux de Jebraïl et de Fouzili.

Enfin, l'Arménie doit céder les autres districts de ce glacis, qui étaient contrôlés depuis des années 1990 par ses forces : Kalbajar avant le 15 novembre 2020, Aghdam avant le 20 novembre 2020 et Latchin avant le 1er décembre 2020.

Le Haut-Karabakh survit mais est affaibli

Territoire peuplé presque exclusivement d'Arméniens depuis les guerres des années 1990, la république autoproclamée du Haut-Karabakh est affaiblie. Son seul lien avec l'Arménie, son parrain politique, militaire et économique, sera désormais le corridor de Latchin, large de quelques kilomètres.

Il sera entouré, à l'est comme à l'ouest et au nord comme au sud, de territoires sous contrôle azerbaïdjanais. Néanmoins, l'Azerbaïdjan n'aura pas atteint son objectif, qui était de récupérer la totalité des territoires perdus après la chute de l'URSS. Diminué, le Haut-Karabakh survit cependant.

Le retour des personnes déplacées et des réfugiés est prévu

Vladimir Poutine a déclaré que les personnes déplacées pouvaient désormais retourner au Haut-Karabakh et que l'échange de prisonniers de guerre pouvait avoir lieu. "Nous supposons que l'accord créera les conditions nécessaires pour un règlement global et à long terme du conflit autour du Haut-Karabakh, sur une base équitable et dans l'intérêt des peuples arménien et azerbaïdjanais", a estimé le président russe.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés organisera le retour des réfugiés et des populations déplacées par le conflit. Un échange de prisonniers et de corps doit également avoir lieu. En outre, Amenia doit maintenant permettre un transit sans entrave entre la métropole azerbaïdjanaise et son enclave de Nakhichevan, dans le sud-ouest de l'Arménie.

En résumé, tout ce qu'il faut retenir

Des centaines de soldats de la paix russes se rendaient mardi au Haut-Karabakh après que l'Arménie et l'Azerbaïdjan aient convenu d'un accord de paix pour mettre fin à des semaines de combats acharnés dans la région contestée.

L'accord négocié par Moscou, qui a vu un cessez-le-feu prendre effet à 21h00 GMT, est intervenu après une série de victoires azerbaïdjanaises dans la lutte pour reprendre l'enclave ethnique arménienne.

Il a déclenché des célébrations en Azerbaïdjan mais aussi la fureur en Arménie, où les manifestants sont descendus dans la rue pour dénoncer les pertes subies par les dirigeants du pays dans le territoire, qui a échappé au contrôle de l'Azerbaïdjan lors d'une guerre au début des années 1990.

Le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan, le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev et le président russe Vladimir Poutine ont annoncé l'accord aux premières heures de mardi.

Pashinyan a décrit l'accord comme "indiciblement douloureux pour moi et pour notre peuple", tandis qu'Aliyev a déclaré qu'il équivalait à une "capitulation" de l'Arménie.

Le texte complet de l'accord a montré des gains clairs pour l'Azerbaïdjan.

Ses forces conserveront le contrôle des zones saisies lors des combats, y compris la ville clé de Choucha, tandis que l'Arménie a accepté un calendrier de retrait de grandes parties du Haut-Karabakh.
Près de 2 000 soldats de la paix

Une force russe de 1 960 militaires et de 90 véhicules blindés de transport de troupes sera déployée dans la région en tant que soldats de la paix, pour une mission de cinq ans renouvelable.

M. Aliyev a déclaré que la Turquie, un allié clé, serait également impliquée dans les efforts de maintien de la paix, mais il n'en est pas fait mention dans l'accord.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu'Ankara et Moscou superviseraient conjointement le cessez-le-feu dans un "centre commun qui sera désigné par l'Azerbaïdjan sur ses terres sauvées de l'occupation de l'Arménie".

Il a salué la trêve comme un "pas dans la direction d'une solution durable".

Le conflit sur le territoire - qui couvait depuis des décennies malgré les efforts internationaux pour parvenir à un accord - a éclaté en de nouveaux combats fin septembre.

Il a été confirmé que plus de 1 400 personnes ont été tuées, dont des dizaines de civils, mais le nombre de morts serait nettement plus élevé.

Les forces azerbaïdjanaises ont fait des progrès constants au cours des semaines de combats, balayant le flanc sud de la région pour finalement atteindre son cœur.

Un tournant s'est produit dimanche lorsque Aliyev a annoncé que ses forces avaient capturé Choucha, la deuxième ville stratégiquement vitale de la région.

Olga Oliker, de l'International Crisis Group, a déclaré que bien que l'accord mette fin à des semaines de combats, "il ne s'agit pas d'un traité de paix global. De nombreux détails restent vagues".

"L'inquiétude à Bakou parmi ceux qui voient les soldats de la paix russes comme une atteinte à sa souveraineté pourrait mettre l'accord à l'épreuve", a-t-elle ajouté.
La "catastrophe" du Karabakh

L'annonce de l'accord a suscité l'indignation à Erevan, où des manifestants en colère ont pris d'assaut le siège du gouvernement où ils ont saccagé des bureaux et brisé des fenêtres.

La foule est également entrée au Parlement et a exigé la démission de M. Pashinyan.

La police a repris le contrôle des deux bâtiments mais l'opposition a appelé à une manifestation mercredi contre Pashinyan, qui est arrivé au pouvoir en dirigeant des manifestations pacifiques en 2018.

Pashinyan a déclaré qu'il était personnellement responsable de la "catastrophe" du Karabakh, mais a défendu sa décision en disant que la situation n'aurait pu qu'empirer.

"Il est nécessaire de tirer des leçons, cela aidera le développement futur de l'Arménie".

Dans la capitale azerbaïdjanaise, Bakou, des habitants joyeux sont descendus dans les rues en chantant "Karabakh ! Karabakh !" et en agitant des drapeaux azerbaïdjanais et turc.

"Je suis très heureux, félicitations à la mère patrie, j'espère que ces terres nous appartiendront pour toujours", a déclaré Elnar Hajiyev, en agitant un drapeau azerbaïdjanais alors que les voitures passaient en klaxonnant pour célébrer.

Le Karabakh a déclaré son indépendance il y a près de 30 ans, mais cette déclaration n'a pas été reconnue au niveau international, même par l'Arménie, et il fait toujours partie de l'Azerbaïdjan en vertu du droit international.

Les tentatives de cessez-le-feu négociées par la France, la Russie et les États-Unis - qui dirigent ensemble le "Groupe de Minsk" qui a cherché pendant des années à mettre fin au conflit - ont échoué à plusieurs reprises ces dernières semaines.

Le dernier accord ne fait aucune mention du statut des zones à population arménienne du Haut-Karabakh ni du format des futures négociations pour régler le conflit.
Un succès béni

L'Azerbaïdjan a fait pression pour que la Turquie s'implique dans un règlement et le nouvel accord a été conclu après que Poutine se soit entretenu avec le président turc Recep Tayyip Erdogan samedi.

"Notre cher Azerbaïdjan a réalisé des gains significatifs sur le terrain et à la table (de négociation). Je félicite de tout cœur ce succès béni", a tweeté le ministre turc des affaires étrangères Mevlut Cavusoglu.

L'accord prévoit également que l'Arménie accepte un corridor de transport reliant l'Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan à la frontière avec la Turquie.

Le président français Emmanuel Macron a exprimé l'espoir que l'accord "préservera les intérêts de l'Arménie" et a également appelé la Turquie à "mettre fin à ses provocations" sur le conflit.

L'accord de cessez-le-feu est intervenu quelques heures seulement après que l'Azerbaïdjan ait admis avoir accidentellement abattu un hélicoptère militaire russe volant en Arménie près du Nakhitchevan et qu'il se soit rapidement excusé.

L'Iran a salué l'accord pour mettre fin aux combats et a appelé les "combattants étrangers" à se retirer de la région, en référence aux allégations généralisées selon lesquelles Ankara aurait envoyé des mercenaires de Syrie pour soutenir les forces de l'Azerbaïdjan.

La Russie a un pacte militaire avec l'Arménie mais aussi de bonnes relations avec l'Azerbaïdjan, pays riche en pétrole, tous deux ex-soviétiques qui ont obtenu leur indépendance avec l'effondrement de l'URSS en 1991.

Ma conclusion:
Il s'agit ici simplement de reprendre un territoire catholique par un ennemie plus fort militairement, point.

David SCHMIDT

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