Il suffit de tendre l’oreille dans un café, sur un marché, ou dans une salle d’attente.
La phrase revient en boucle : “Ça ne sert plus à rien.”
– Ça ne sert plus à rien de voter, plus à rien d’écouter, plus à rien d’y croire !
Le spectacle permanent à l’Assemblée nationale a fini par lasser même les plus patients.
Invectives, brouhaha, postures, clashs filmés pour les réseaux … Le débat politique ressemble de plus en plus à une arène où chacun cherche sa séquence virale plutôt qu’une solution.
Quand certains élus de La France Insoumise multiplient les coups d’éclat dans l’hémicycle, beaucoup de citoyens se demandent si c’est encore une assemblée ou un théâtre. Mais limiter le problème à un camp serait trop simple. Le discrédit touche presque tout le monde.
Une impopularité qui ne tombe pas du ciel. L’impopularité d’Emmanuel Macron n’est pas sortie de nulle part.
Réformes mal comprises, sentiment d’arrogance, fractures sociales persistantes …
Et surtout cette impression, chez une partie des Français, que les priorités nationales passent après les enjeux internationaux.
Le soutien financier à l’Ukraine, par exemple, cristallise une colère réelle.
Beaucoup ne contestent pas le principe d’aider un pays en guerre, mais ils posent une question simple :
– Et nous, dans tout ça ?
Pouvoir d’achat en berne, services publics saturés. Dette colossale. Classes moyennes sous pression. Le sentiment dominant n’est pas idéologique, il est économique et social. Les gens veulent respirer.
Le vrai problème, c’est la rupture entre les citoyens et ceux qui les gouvernent.
Une partie du pays a l’impression d’être méprisée. Une autre se sent invisible. Beaucoup ont tourné le dos à la politique parce qu’ils n’y voient plus ni vision claire, ni cohérence, ni exemplarité.
Et pendant que les camps se diabolisent entre eux, la défiance grandit.
Dette, tensions, identité = pays sous pression
La France est lourdement endettée. Le climat social est fragile. Les débats sur l’identité, la laïcité, la place des religions, la culture nationale sont devenus inflammables.
Certains dénoncent une dilution des repères historiques. D’autres parlent d’ouverture et d’évolution. Mais derrière ces affrontements, il y a surtout une inquiétude profonde :
Quel modèle voulons-nous pour demain ?
Le pays s’est construit sur une histoire, des traditions, des valeurs républicaines fortes. La question n’est pas de désigner des boucs émissaires, mais de savoir comment préserver une cohésion nationale dans une société devenue plurielle.
Si le débat se transforme en guerre permanente, personne n’y gagne.
2027 approche. Et maintenant ?
La prochaine présidentielle arrive dans un climat de lassitude inédit. Le futur chef de l’État héritera d’un pays tendu, financièrement fragilisé, socialement divisé et politiquement méfiant.
Mais il y a une vérité que beaucoup refusent d’entendre :
L’abstention ne punit pas les politiques. Elle affaiblit les citoyens.
Ne pas voter, c’est laisser les autres décider.
C’est abandonner le terrain.
C’est transformer la colère en silence.
On peut être déçu. On peut être en désaccord. On peut être en colère.
Mais se retirer du jeu, c’est offrir le pouvoir à ceux qui mobilisent le plus.
Le réveil ou le renoncement
La démocratie n’est pas un spectacle qu’on regarde en râlant devant la télé. C’est un engagement. Parfois imparfait. Souvent frustrant. Mais indispensable.
Si les Français veulent que les choses changent, il faudra plus que des commentaires sur les réseaux.
Il faudra s’informer, débattre, exiger … Et voter.
Parce qu’au fond, le vrai danger n’est pas un camp ou un autre.
Le vrai danger, c’est un pays qui ne croit plus en lui-même, et ça, aucune majorité ne pourra le réparer à la place des citoyens.
David SCHMIDT