Repartir de zéro pour mieux vivre

Quand un chapitre se termine, c’est terminé. On ferme le livre.

Il y a un truc que l’être humain n’a toujours pas pigé, c’est que la vie n’est pas un film avec un bouton “replay”. Non, quand un chapitre se termine, c’est terminé. On ferme le livre, on le range dans la bibliothèque poussiéreuse et on arrête de renifler les pages en espérant que ça sente encore la gloire passée.

Mais voilà, nous sommes des champions olympiques de l’attachement inutile. On s’accroche à un job qui nous étouffe, à une relation amoureuse morte depuis la réforme des retraites de Juppé, ou encore à ce vieux t-shirt trouées qu’on n’ose pas jeter, parce qu’on a connu nos meilleures soirées avec !

Bref, on garde tout. On entasse et on devient les antiquaires de notre malheur.

Le drame, c’est à force de s’agripper à ce qui est fini, on perd deux trésors, la joie et l’envie de se battre.
C’est comme rester à la fête après que la lumière s’est rallumée, à un moment, faut juste comprendre que la soirée est finie, il faut rentrer chez soi.

Or, le secret du changement n’est pas de gagner, mais de savoir laisser. Laisser s’écrouler ce qui doit tomber. Parce qu’en réalité, chaque effondrement est une époque. C’est la preuve que la vie a encore des projets pour nous. Mais nous, pauvres Homo Sapiens angoissés et stressés, on résiste. On a peur du vide, de l’inconnu, du silence. Alors on s’accroche comme un môme à son doudou éclaté.

Soyons clairs, le changement ça ne connaît pas la demi-mesure. Ça ne vient pas poliment sonner à la porte avec un bouquet de fleurs. Non, ça débarque avec un bulldozer, rase le terrain, fout tout en miettes et s’installe à la place en criant : “Salut, c’est moi, le futur !”.

La vraie question est donc simple : veut-on continuer à collectionner des ruines, ou accepte-t-on enfin le chemin de la reconstruction ? Parce que la vie, contrairement aux ruines, n’a pas vocation à être un site touristique pour nos regrets.

Alors arrêtez de vous battre contre la gravité, lâchez les épaves et préparez le terrain. Car parfois, repartir de zéro c’est simplement commencer à vivre pour de vrai.

Repartir de zéro c’est vouloir ce changement, puisque tout c’est déjà en miettes !

On passe notre temps à rêver d’un futur radieux, alors que la moitié d’entre nous n’arrive même pas à tirer un sourire devant un miroir le matin. On s’accroche au passé comme à une bouée percée, persuadés que c’est mieux que de flotter dans l’inconnu. Sauf que voilà, le passé c’est un frigo rempli de restes moisis. Tu peux bien t’entêter à les garder, mais ça finira quand même par puer.

Il faut savoir perdre, laisser tomber, tourner la page. Mais ça, on déteste. Parce qu’on préfère faire semblant que les choses continuent alors qu’elles sont déjà mortes. Les couples s’accrochent alors que l’amour est parti depuis des lustres. Les travailleurs s’épuisent dans des jobs qui les tuent à petit feu, mais qu’ils gardent “pour la sécurité”.

Le futur, parlons-en. Entre crises économiques à répétition, climat qui part en lambeaux et guerres qu’on regarde en HD comme si c’était une série, on pourrait croire qu’il n’y a pas grand-chose à attendre. Mais justement pourquoi se battre ? Parce que c’est pas une option, c’est la règle.

La vérité, c’est que l’humanité s’accroche encore à l’idée qu’elle contrôle quelque chose. Parce que le changement, ce n’est pas un coup de peinture sur les murs. C’est le bulldozer qui rase ta maison. Et si tu n’apprends pas à aimer le bruit des briques qui tombent, t’es foutu. Le futur n’a pas de pitié. Il ne te demandera jamais si tu es prêt. Il débarque, il casse, il s’installe. Point.

Alors oui, il faut savoir quand une époque se termine. Quitte à accepter qu’après, ce ne sera pas forcément mieux. Peut-être pire même. Mais au moins ce sera différent. Et parfois, dans ce monde en ruine, le simple fait d’avoir la force de recommencer, est déjà une victoire.

David SCHMIDT

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