Partir pour réussir, ou rester pour construire ?
À travers le parcours de Soriba Camara et l’engagement de Mariane Laurence, une même question : comment permettre aux jeunes de croire en leur avenir sans être obligés de quitter leur pays ?
À 14 ans, Soriba Camara quitte la Guinée pour venir en France afin de poursuivre dans le tennis. À cet âge où beaucoup d’adolescents découvrent encore le monde qui les entoure, lui fait le choix de partir, de s’éloigner de ses repères et de se lancer dans une aventure dont il ne connaît pas encore toutes les difficultés.
Aujourd’hui âgé de 52 ans, il souhaite partager son histoire.
Un parcours de vie qui rappelle que derrière les ambitions sportives se cachent parfois des sacrifices, des espoirs, mais aussi des désillusions, un rêve qui se confronte à la réalité. Dans l’imaginaire collectif, la France peut représenter une terre de réussite, d’opportunités et de possibilités. Pour un jeune sportif venu de l’étranger, elle peut sembler être le lieu idéal pour progresser et se former et atteindre ses objectifs.
Mais la réalité n’est pas toujours à la hauteur des espérances.
Derrière les terrains de tennis et les perspectives de carrière, il y a aussi les difficultés de l’adaptation, l’éloignement familial et les obstacles qu’il faut apprendre à surmonter. Un jeune de 14 ans reste un adolescent, même lorsqu’il porte déjà de grandes ambitions. Le témoignage de Soriba Camara invite ainsi à regarder autrement le parcours des sportifs qui quittent leur pays dans l’espoir de réussir, partir ne garantit rien. Le talent, la volonté et le courage ne suffisent pas à ouvrir toutes les portes.
En prenant la parole aujourd’hui, Soriba souhaite transmettre son expérience et apporter un éclairage personnel sur une réalité que l’on connaît parfois mal. Son histoire rappelle qu’il est important d’écouter celles et ceux qui ont vécu ces parcours de l’intérieur, loin des seules images de réussite que l’on associe au sport de haut niveau.
Mariane Laurence : permettre aux jeunes de construire leur avenir en Guinée
Aux côtés de Soriba Camara, Mariane Laurence défend une autre approche. Elle souhaite donner aux jeunes les moyens de se former et de participer au développement de leur pays. Son engagement repose notamment sur un objectif , celui de contribuer à la création d’écoles de formation en Guinée afin que les nouvelles générations puissent acquérir des compétences, développer leurs talents et envisager un avenir professionnel sur place.
L’enjeu dépasse la seule question de l’éducation. Il touche à l’avenir de toute une société.
Lorsqu’un jeune doit quitter son pays pour espérer bénéficier d’une formation ou trouver des perspectives, c’est aussi une partie de son potentiel qui risque de se développer ailleurs. À l’inverse, permettre aux jeunes d’apprendre, de travailler et d’entreprendre dans leur pays peut contribuer à son évolution économique et sociale.
Pour Mariane Laurence, il s’agit donc de soutenir une dynamique dans laquelle la jeunesse guinéenne ne serait pas seulement appelée à chercher des opportunités à l’étranger, mais pourrait également devenir un acteur essentiel du développement local.
Créer des structures de formation, transmettre des savoirs et accompagner les nouvelles générations, autant de pistes pour transformer les ambitions individuelles en projets collectifs. Deux parcours, une même réflexion sur l’avenir, les trajectoires de Soriba Camara et de Mariane Laurence se rejoignent autour de la question :
Quelles possibilités offre-t-on réellement aux jeunes pour construire leur vie ?
Le parcours de Soriba témoigne de l’expérience d’un adolescent qui a quitté la Guinée pour tenter sa chance dans le tennis en France. L’engagement de Mariane met, l’accent sur la nécessité de développer des possibilités de formation directement en Guinée. L’un raconte ce que peut représenter un départ et l’autre agit pour que les jeunes puissent aussi envisager leur avenir chez eux.
Il ne s’agit pas d’opposer la France à la Guinée, ni de considérer que partir serait nécessairement une erreur. La mobilité, les échanges et les expériences à l’étranger peuvent être de véritables richesses. Mais le choix de partir devrait pouvoir être une possibilité et non une obligation imposée par le manque de perspectives.
Car le véritable enjeu est peut-être là, permettre à chacun de choisir son avenir librement.
À travers cette rencontre, DS’MAG donne la parole à deux personnes qui, chacune à leur manière, interrogent notre regard sur la réussite, la formation et les chances offertes à la jeunesse. Le plus beau des rêves n’est pas forcément de réussir ailleurs, c’est aussi de pouvoir réussir chez soi et de contribuer à bâtir l’avenir de son pays. La vidéo est disponible sur la chaîne YouTube.




