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Signal & Sound Mia Johnson
Nous avons tous, à un moment donné, joué le rôle de victimes pour atteindre un objectif.
Mais transformer la victimisation en habitude, comme stratégie passive, est un piège.
Quand une personne assume le rôle de victime, parce qu’elle ne peut pas faire face à la situation qui la dérange ou parce qu’elle ne comprend pas le mal qui l’affecte, elle cherche un des deux objectifs :
Cependant, toujours assumer le rôle de victime est contre-productif parce qu’il arrive un moment où les autres n’avalent pas l’histoire et ne l’écoutent plus, d’autre part, la position de victime a été si chronique que l’on pense que la personne est incapable de résoudre ses problèmes ou de faire face à son agresseur.
L‘auto-victimisation est un processus psychique ou l’individu se positionne dans une place de victime. Victime de son entourage, victime de sa hiérarchie, de ses collègues… Elle souffre comme jamais auparavant n’a souffert dans ce monde. En effet, ses problèmes sont plus graves et plus urgents que ceux des autres. De plus :
Avoir conscience que l’on a été victime permet de sortir du statut de victime et de l’impuissance qui en découle. Mais spéculer sur le futur en posant comme hypothèse que l’on va être victime du système, d’un individu, ou expliquer toutes les conséquences négatives d’un quotidien par des variables extérieures est un processus handicapant et névrotique, vous posant en victime continuelle et induisant dans votre regard sur le monde que vous êtes impuissant face à ce qui s’y déroule. Il y a une différence entre un vrai statut de victime et celui qui se sent victime continuelle du système. La première chose à changer c’est votre regard sur le monde.

La victime renforce sa faible estime de soi et son insécurité, et c’est pourquoi il lui est plus facile de porter les écriteaux « je suis une malheureuse » ou « personne ne me comprend ». Alors, même si elle accomplit quelque chose de bien par ses propres efforts ou s’il lui arrive quelque chose d’important et de positif dans sa vie, elle ne l’appréciera pas et ne l’appréciera pas parce qu’elle est prise dans le piège du « je suis une ratée et quelque chose de mauvais se passera sûrement plus tard ».
La plupart des individus ayant ce positionnement psychique ont souvent un manque de confiance en eux, une perte d’estime à un moment ou à un autre de leur parcours. Ils se sentent souvent coupables de leurs échecs et mettent en place des explications causales extérieures à eux-mêmes afin d’échapper au sentiment de culpabilité face à l’échec de leur propre vie. Souvent, ils ont construit leur identité sur des failles : perte d’êtres chers, traumatismes, violences environnementales, et n’ont pas donné de sens à ces évènements vécus comme douloureux, à part « la malchance », « l’impuissance que la vie procure » ou autre.
Un autre profil existe également : des individus souvent en manque de confiance en leurs propres capacités, souvent très dociles dans leurs rapports au monde. Là, la faille repose sur la peur du rejet ou d’être vu comme un mauvais élément, notamment dans le cadre du travail. Identitairement, ils sont sensibles, très dans l’affect et n’arrivent pas à remettre leurs agissements en question ; pour eux, leur docilité ou leur gentillesse sont totalement issus de leur fragilité.
Se sentir victime de quelqu’un ou de quelque chose en revient à se mettre en lien avec la cause et à s’y structurer. Si vous pensez que l’on vous empêchera d’avancer, vous allez agir en le prenant en compte dans vos processus décisionnels, le lien sera donc là. Si vous spéculez que l’on n’aimera pas votre compte-rendu car l’on ne vous aime pas, votre ton de voix ou vos attitudes physiques seront empreints de cette peur implicite et votre spontanéité en sera entachée. Un lien se crée toujours lorsque l’on pense à une cause avant que la conséquence n’ait eu lieu. Toute personne qui se sent « victime de » se met en en lien « avec ».
Celui qui assume le rôle de victime depuis de nombreuses années devra faire un grand effort pour sortir de là et trouver de nouveaux points de vue. Dans ce travail, il est très utile d’avoir l’aide d’un psychothérapeute et il est également important que les personnes qui l’entourent changent de position de manière radicale pour ne plus renforcer la victimisation.

Lui faire comprendre qu’elle compte sur notre empathie et notre solidarité, mais que nous ne pouvons pas résoudre les problèmes pour lui ou pour elle. Nous ne sommes plus des enfants et nous n’avons plus de parents surprotecteurs qui viennent nous défendre ; nous sommes nous-mêmes les maîtres de notre destin et la personne qui vit avec une personne habituée à se plaindre de tout doit faire son propre exercice de s’éloigner quand elle voit que l’autre prend une position passive. La victime comprendra peu à peu qu’elle doit prendre en main sa propre vie.
Écrit par: David SCHMIDT
Ceux qui traversent une situation difficile, qui souhaitent faire connaître une injustice, mettre en lumière un événement de leur vie ou attirer l’attention sur un sujet d’intérêt public pourront toujours trouver une oreille attentive et un espace d’expression.
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