Forbach (57)

Forbus : derrière les bus, la souffrance humaine

today14/04/2026 465 84 5

Arrière-plan
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À Forbach, le problème Forbus ne se limite plus à des bus qui ne passent plus.
Derrière les quais vides, il y a désormais quelque chose de bien plus inquiétant !
Un climat social qui se dégrade à vue d’œil et des salariés qui disparaissent, d’autres qui s’effondrent.

Depuis plusieurs semaines, les témoignages s’accumulent.
Et ce qu’ils décrivent n’a plus rien d’un simple dysfonctionnement.
On parle de pressions constantes, de surveillance permanente et d’un management qui semble avoir remplacé la confiance par le contrôle.

Des chauffeurs évoquent un véritable climat de flicage, avec des caméras utilisées non pas pour la sécurité dans les bus, mais comme outil disciplinaire. Le moindre détail devient suspect, le moindre geste peut se transformer en reproche. Et parfois, le lendemain c’est la convocation à la Gestapo.

Dans le même temps, certains salariés dénoncent des licenciements jugés abusifs, touchant notamment des profils engagés syndicalement. De quoi alimenter un sentiment d’injustice profond et une fracture de plus en plus visible entre ces hommes et femmes de terrain et une direction tyrannique.

Bienvenue dans un service public où l’humain est devenu une variable d’ajustement.
Chez les nouveaux salariés la précarité s’installe. Contrats courts, incertitude permanente, absence de perspectives. On entre à Forbus comme on monte dans un bus sans savoir s’il arrivera à destination.

Et pendant ce temps-là ?
La direction pilote à distance, littéralement. Une rumeur circule et accuse la directrice …
Vous vous souvenez de la marquise qui laisse brûler le château ? 
Cette dernière passerait une partie de son temps, en télétravail, à scruter les caméras … pas pour la sécurités de nos chauffeurs, non, pour trouver quoi reprocher aux employés afin de les frapper au bâton.
Déjà son salaire est indécent, on me dit près de 8000€/mois pendant que nous le peuple on crève de faim et que cette …  reste poli David … Cette petite bourgeoise s’empiffre et s’enrichit sur le dos des contribuables !!!!
Qu’est-ce qu’on attend citoyens pour ne pas foutre le feu nous-mêmes ?

Une gestion déconnectée du terrain, où l’humain semble réduit à une image sur un moniteur.
Autre incohérence qui interroge c’est l’arrivée de nouveaux véhicules diesel, alors même qu’une infrastructure GNV existe déjà au dépôt. Un choix qui laisse perplexe, autant sur le plan écologique que stratégique.

Mais le plus grave est ailleurs.
Certains témoignages parlent de salariés poussés à bout. Stress permanent, intimidation, pression continue, peur de l’erreur, peur de la sanction. Dans ces conditions, conduire un bus devient une épreuve mentale.
Et quand la fatigue s’installe, quand le corps lâche et quand l’esprit sature … ce sont des vies qui basculent.

Un salarié évoque une intervention des secours directement sur son lieu de travail.
Un autre parle d’un suivi médical lourd, d’insomnies, d’un état psychologique fragile.
Et pire encore, l’idée que tout ça pourrait finir très mal.

Et comme si cela ne suffisait pas, d’autres éléments viennent alimenter la colère sur le terrain.
Certains salariés dénoncent une gestion jugée totalement déconnectée des réalités.
On parle d’avantages qui passent mal, comme un véhicule Mercedes de fonction haut de gamme financé par l’argent public.
Autre point de tension : une hiérarchie qui enfle.
Certains dénoncent également des salaires élevés côté encadrement, pendant que le service continue de se dégrader. Et sur le terrain, une incompréhension grandit. Pourquoi faire circuler des bus à vide en soirée alors que des besoins essentiels comme les services scolaires, peinent à être correctement assurés ?

Résultat, une fracture totale entre les décisions prises en haut et la réalité vécue en bas.
Une impression d’une dérive sectaire, où l’argent public semble parfois mal orienté, pendant que le cœur du service s’effondre. Tout s’effondre sur le terrain, pourtant l’argent circule très bien …
De 3,8 à 5,2 millions d’euros, +1,5 million en pleine crise sociale.
Pas pour les chauffeurs, ni pour améliorer les conditions de travail, ni pour sauver le service. Non !
Chers dirigeants, où va l’argent ?

Les syndicats parlent d’un “trésor de guerre”.
Une cagnotte pour faire le ménage, pour faire partir les anciens qui coûtent chers.
Et remplacer par plus dociles, obéissants et surtout moins chers.
Le tout au nom d’un mot lâché sans trembler, la rentabilité.
On en est là, on ne parle plus de gestion, on parle de nettoyage social déguisé en modernisation, financé par l’argent public. Transformant une hausse comptable en un véritable outil de restructuration brutale.

On ne parle plus d’un simple conflit social.
On parle d’un signal d’alarme humain.
On parle de personne qui parfois songe à en finir avec la vie elle-même que de continuer à livrer une bataille contre des Goliath aux poches pleins d’or.

Et pendant ce temps, les élus de l’agglo regardent ailleurs. Ou plutôt ne regardent pas. Ils sont informés, alertés mais silencieux. Comme si le problème allait se régler tout seul. Comme si la souffrance pouvait être mise en pause, comme un bus supprimé sur un planning.

Le nouveau président de l’agglo, qui sera prochainement élu ou réélu, soit prête à prendre le sujet à bras-le-corps et à en faire un véritable cheval de bataille, avec plus d’intérêt pour l’humain.

À Forbus aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de remettre des bus sur la route, il s’agit de remettre de l’humanité dans un système qui semble l’avoir oubliée.

Parce qu’un réseau de transport, ce ne sont pas que des lignes et des horaires, c’est avant tout des femmes et des hommes. Et quand ceux qui tiennent le volant de leurs mains commencent à perdre pied, ce n’est pas seulement un service qui déraille. C’est toute une agglo et les passagers des transports qui sont en danger.

À Forbus, on ne parle plus seulement de retards ou de bus supprimés.
On parle d’hommes et de femmes qui tiennent encore debout … mais pour combien de temps ?

Chaque jour, la pression s’accumule, chaque jour, la peur s’installe.
Perdre son emploi, être le prochain à sauter ?
Certains serrent les dents, d’autres s’effondrent en silence.
Et quand le travail devient une source d’angoisse permanente, quand dormir devient impossible, quand aller bosser revient à entrer dans un tunnel sans lumière, ce n’est plus un métier.
C’est une descente lente et brutale qui chaque jour, broie les corps et abîme les esprits.

À ce stade, il ne s’agit plus de transport public.
Parce que quand des chauffeurs en viennent à venir travailler la boule au ventre, voire à envisager l’irréparable, l’impensable. Ce n’est plus une alerte, c’est déjà un drame en cours.
Et si rien ne change, la vraie question n’est plus de savoir quand les bus reviendront.
Mais jusqu’où cette chute va aller.

Un service public qui détruit ceux censés le faire tourner.
La question n’est plus :
– Quand les bus vont revenir ?
La vraie question, c’est :
– Est-ce un système ou les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent ?
Et combien de personnes vont encore tomber avant que quelqu’un appuie sur stop ?

David SCHMIDT

PS : Article trop dérangeant ? Pas de panique. Le service réclamations imaginaires est disponible, merci de rebrancher votre minitel et d’écrire au bureau des rageux :  3615 code « je devrais fermer ma gueule ».
(N’oubliez pas d’enlever les guillemets). Réponse non garantie.

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Écrit par: David SCHMIDT

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