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Présente depuis les premiers siècles du christianisme, la communauté chrétienne de Palestine connaît depuis plusieurs décennies une baisse constante de ses effectifs. Entre les tensions liées à l’occupation israélienne, les difficultés économiques et la montée des mouvements religieux dans la région, de nombreux observateurs s’inquiètent de l’avenir de cette minorité historique.
À l’occasion des célébrations du Noël orthodoxe, le patriarche grec orthodoxe de Jérusalem, Theophilos III, a lancé un appel à la communauté internationale. Selon lui, la présence chrétienne dans la Ville sainte fait face à des pressions croissantes. Les responsables religieux dénoncent notamment une multiplication des actes de vandalisme visant des lieux de culte, des cimetières ou des symboles chrétiens, ainsi que des agressions verbales contre des membres du clergé et des fidèles.
La situation démographique illustre cette évolution. Avant la création de l’État d’Israël en 1948, les chrétiens représentaient près de 10 % de la population de la Palestine historique. Aujourd’hui, ils ne constituent plus qu’une faible minorité. À Jérusalem, leur nombre est estimé à quelques milliers de personnes, tandis qu’en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, les communautés continuent de perdre des habitants au fil des départs vers l’étranger.
L’émigration constitue d’ailleurs l’une des principales causes de ce déclin. Face à l’instabilité politique, aux difficultés économiques et à l’absence de perspectives pour les jeunes générations, de nombreuses familles chrétiennes choisissent de s’installer en Europe, en Amérique du Nord ou en Australie.
À Jérusalem-Est, territoire occupé par Israël depuis la guerre des Six Jours en 1967 puis annexé unilatéralement, les Églises dénoncent régulièrement des pressions foncières. Plusieurs responsables religieux affirment que des organisations nationalistes israéliennes cherchent à acquérir des biens situés dans ou à proximité du quartier chrétien de la Vieille Ville.
En décembre 2021, les chefs des principales Églises de Jérusalem avaient ainsi alerté sur les activités de groupes qu’ils accusent de vouloir modifier l’équilibre démographique de certains quartiers historiques.
Parmi les dossiers les plus médiatisés figure celui de plusieurs immeubles appartenant au patriarcat grec orthodoxe et vendus à des organisations juives. Ces transactions ont suscité de vives critiques au sein même de la communauté chrétienne, certains fidèles reprochant aux autorités ecclésiastiques leur gestion du patrimoine foncier.
Pour de nombreux chrétiens palestiniens, la situation reste particulièrement complexe. Ils se retrouvent souvent pris entre deux réalités : d’un côté les conséquences de l’occupation israélienne et de la colonisation en Cisjordanie, de l’autre la montée de courants religieux conservateurs dans certaines zones palestiniennes.
Cette situation est particulièrement visible dans la bande de Gaza. Avant la prise de contrôle du territoire par le Hamas en 2007, la communauté chrétienne comptait plusieurs milliers de membres. Aujourd’hui, elle ne rassemble plus qu’une petite minorité. Les guerres successives, le blocus économique et les difficultés quotidiennes ont accéléré l’exode de nombreuses familles.
Si les autorités du Hamas autorisent ponctuellement certains chrétiens à se rendre à Bethléem ou à participer à des célébrations religieuses, plusieurs organisations de défense des droits humains soulignent néanmoins les difficultés rencontrées par les minorités religieuses dans l’enclave palestinienne.
Malgré leur faible poids démographique, les chrétiens palestiniens ont joué un rôle important dans l’histoire politique moderne de la Palestine.
Plusieurs figures majeures du nationalisme palestinien étaient issues de cette communauté. Parmi elles figurent Georges Habache, fondateur du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), Wadie Haddad ou encore Nayef Hawatmeh, l’un des dirigeants du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP).
De nombreux intellectuels, militants et responsables religieux chrétiens ont également participé à la défense de la cause palestinienne, tout en appelant régulièrement à une résolution pacifique du conflit.
En 2009, plusieurs responsables ecclésiastiques et personnalités chrétiennes ont signé le document « Kairos Palestine », un texte dénonçant l’occupation israélienne et appelant les Églises du monde entier à soutenir les droits du peuple palestinien.
Aujourd’hui, les spécialistes s’accordent à dire que la principale menace pesant sur les communautés chrétiennes de Palestine demeure leur déclin démographique continu. L’émigration massive des jeunes générations fragilise progressivement des communautés déjà peu nombreuses.
Si les lieux saints continuent d’attirer chaque année des millions de pèlerins venus du monde entier, la présence des populations chrétiennes locales, héritières d’une histoire vieille de près de deux mille ans, apparaît plus incertaine que jamais.
Pour de nombreux responsables religieux, la préservation de cette présence constitue désormais un enjeu majeur pour l’avenir de Jérusalem et de l’ensemble de la Terre sainte.
David SCHMIDT
Écrit par: David SCHMIDT
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