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Signal & Sound Mia Johnson
La mort de la petite Lyhanna, et comme si cela ne suffisait pas, le meurtre du jeune Noham à Metz, puis celle du petit Louis à Narbonne, ont une nouvelle fois plongé la France dans l’incompréhension et la colère.
– Des drames qui sont venus rappeler, une nouvelle fois, que des familles peuvent être brutalement confrontées à une violence d’une rare brutalité et souvent incompréhensible.
– Des drames qui ravivent une question devenue récurrente, notre État est-il encore capable d’assurer sa mission première, celle de protéger les plus fragiles ?
À chaque tragédie, les mêmes promesses sont prononcées. Les mêmes discours sur le renforcement des contrôles, la protection de l’enfance, les moyens supplémentaires accordés à la justice ou aux services sociaux. Puis le temps passe jusqu’au prochain drame.
Dans le quotidien des Français, les retards administratifs s’accumulent. Des familles attendent parfois des mois avant qu’un dossier MDPH soit traité. Des personnes en arrêt maladie patientent longtemps avant de percevoir leurs indemnités de la CPAM. Des parents voient leurs dossiers CAF rester bloqués pendant des semaines, voire davantage et avec des conséquences financières parfois dramatiques.
La justice, souffre elle aussi d’un manque chronique de moyens. Les magistrats alertent depuis des années sur l’engorgement des tribunaux. Les enquêtes prennent des mois, parfois des années. Les victimes attendent. Les familles attendent. Et certains prévenus restent en détention provisoire durant de longues périodes avant d’être jugés, tandis que d’autres sont remis en liberté lorsque les délais légaux sont atteints, faute d’un procès organisé à temps.
Les Français n’attendent pas un État parfait, ils demandent simplement que les missions essentielles fonctionnent, protéger les enfants, rendre la justice dans des délais raisonnables, accompagner les personnes handicapées, indemniser rapidement les salariés malades, soutenir les familles lorsqu’elles en ont besoin.
Les fonctionnaires qui travaillent dans ces services ne sont pas les responsables de cette situation. Beaucoup accomplissent leur mission avec dévouement malgré des effectifs insuffisants, des procédures toujours plus complexes et une charge de travail qui ne cesse d’augmenter.
Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs promettent des réformes, mais les Français ont surtout le sentiment que les services publics se dégradent. Les délais s’allongent, les démarches se complexifient et la confiance s’effrite.
À cette crise de confiance s’ajoute une autre réalité que plus personne ne peut ignorer, le manque de moyens accordés à ceux qui assurent notre sécurité et notre santé.
Les policiers, les gendarmes et les sapeurs-pompiers sont confrontés à une délinquance toujours plus complexe, avec des effectifs souvent insuffisants. Dans de nombreux territoires, les habitants ont le sentiment que les forces de l’ordre ne peuvent plus être présentes partout où elles sont attendues. Les interventions s’enchaînent, les enquêtes s’accumulent et les agents travaillent sous une pression permanente. Là encore, ce ne sont pas les femmes et les hommes en uniforme qui sont en cause, mais les moyens qui leur sont accordés.
Les services d’urgence débordent, les soignants quittent la profession, les lits ferment faute de personnel et les patients attendent parfois des heures avant d’être pris en charge. Obtenir un rendez-vous avec un spécialiste relève parfois du parcours du combattant, tandis que certains services hospitaliers fonctionnent à flux tendu tout au long de l’année.
Malgré l’engagement remarquable des médecins, infirmiers, aides-soignants et personnels administratifs, notre système de santé montre des signes d’essoufflement inquiétants.
Pris séparément, chacun de ces dysfonctionnements pourrait sembler n’être qu’un problème parmi d’autres. Mais lorsqu’ils s’accumulent, protection de l’enfance, justice, police, hôpitaux, CAF, CPAM, MDPH, … , ils dessinent le portrait d’un État qui peine de plus en plus à assurer ses missions fondamentales. C’est précisément ce constat qui nourrit aujourd’hui le sentiment d’abandon exprimé par une partie grandissante des Français.
Un pays ne se mesure pas uniquement à son déficit budgétaire ou à sa croissance économique. Il se mesure aussi à sa capacité à protéger ses enfants, à rendre une justice rapide et équitable, à accompagner les plus fragiles et à répondre efficacement aux besoins de ses citoyens.
Lorsque ces missions essentielles vacillent, c’est tout le contrat de confiance entre l’État et les Français qui se fragilise. Et cette confiance, une fois perdue, est sans doute la chose la plus difficile à reconstruire.
David SCHMIDT : Un État ne s’effondre pas le jour où ses finances vacillent. Il s’effondre le jour où ses citoyens cessent de croire qu’il est encore capable de les protéger.

Écrit par: David SCHMIDT
Ceux qui traversent une situation difficile, qui souhaitent faire connaître une injustice, mettre en lumière un événement de leur vie ou attirer l’attention sur un sujet d’intérêt public pourront toujours trouver une oreille attentive et un espace d’expression.
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