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TikTok : des contenus sexuels accessibles aux mineurs

L’inquiétude grandit

Derrière son image de plateforme de divertissement, TikTok fait face à de nouvelles accusations concernant l’exposition des mineurs à des contenus à caractère sexuel. Plusieurs enquêtes récentes mettent en lumière des dérives préoccupantes, impliquant à la fois des utilisateurs adolescents et le fonctionnement même de l’algorithme du réseau social.

Selon une investigation de la BBC, certaines adolescentes, notamment au Kenya, utiliseraient TikTok pour promouvoir des contenus suggestifs lors de diffusions en direct. Ces vidéos serviraient de vitrine pour attirer des spectateurs, avant de proposer des échanges plus explicites via d’autres plateformes de messagerie, en contrepartie d’un paiement. Si TikTok interdit officiellement ce type de pratiques, des modérateurs interrogés indiquent que ces usages persistent et restent difficiles à endiguer.

Par ailleurs, le modèle économique de la plateforme soulève des interrogations. TikTok prélève une commission importante sur les transactions effectuées lors des livestreams, ce qui interroge sur sa capacité à détecter et empêcher efficacement ces dérives.

Une autre enquête, menée par l’ONG britannique Global Witness, met en cause le système de recommandation de la plateforme. En créant plusieurs comptes fictifs d’adolescents âgés de 13 ans, les chercheurs ont constaté que des contenus à caractère pornographique apparaissaient en quelques interactions seulement, sans recherche préalable. Dans certains cas, deux clics ont suffi pour voir apparaître des vidéos explicites.

Ces contenus, souvent à connotation sexiste, incluent des scènes de strip-tease ou des actes sexuels explicites. Ils peuvent être proposés automatiquement par l’algorithme, y compris lorsque les paramètres de sécurité destinés à protéger les mineurs sont activés.

Pour les auteurs de l’enquête, la question dépasse celle de la modération. « Le problème n’est pas seulement l’existence de ces contenus, mais le fait qu’ils puissent être recommandés dès les premières utilisations de la plateforme », souligne l’un des responsables de Global Witness.

Face à ces révélations, TikTok affirme appliquer une politique de « tolérance zéro » en matière d’exploitation et indique avoir supprimé certains contenus signalés. L’entreprise précise également avoir lancé des vérifications internes.

Ces affaires interviennent dans un contexte de vigilance accrue en Europe. En mars 2024, la Commission européenne a ouvert une enquête visant TikTok pour de possibles manquements dans la protection des mineurs. En France, une commission parlementaire a également alerté sur la présence de contenus jugés « toxiques, dangereux et addictifs », diffusés en toute connaissance de cause.

Alors que la plateforme revendique plusieurs millions d’utilisateurs en France, la question de la protection des plus jeunes reste centrale. Experts et institutions appellent à un renforcement des dispositifs de contrôle, mais aussi à une meilleure sensibilisation des familles face aux usages numériques des adolescents.

David SCHMIDT

David SCHMIDT

Journaliste reporter sur Davidschmidt.fr. Chroniqueur radio sur Form.fr.

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