Auditeurs:
Meilleurs auditeurs :
play_arrow
Signal & Sound Mia Johnson
Au cœur du Pacifique Nord flotte l’une des plus importantes concentrations de déchets plastiques de la planète. Cette immense zone, souvent surnommée le « continent de plastique », n’est pas une île de détritus, mais un vaste regroupement de déchets maintenus dans l’océan par les courants marins.
C’est dans cet environnement particulièrement hostile qu’une équipe de chercheurs européens a réalisé une découverte inattendue. En étudiant les organismes vivant au milieu de ces déchets, les scientifiques ont identifié un champignon marin capable de s’attaquer à l’un des plastiques les plus répandus au monde : le polyéthylène.
Baptisé Parengyodontium album, ce micro-organisme possède une caractéristique rare. Il est capable de dégrader progressivement certains déchets plastiques présents dans son environnement.
Selon les chercheurs, il s’agit seulement de la quatrième espèce de champignon marin connue pour présenter une telle capacité. Son intérêt réside notamment dans son aptitude à s’attaquer au polyéthylène, un matériau utilisé dans la fabrication de nombreux emballages, sacs plastiques et bouteilles.
L’étude montre également que l’exposition préalable du plastique aux rayons ultraviolets joue un rôle important. Sous l’effet du soleil, le matériau se fragilise, facilitant ensuite le travail du champignon.
Les expériences menées en laboratoire ont permis d’observer une dégradation d’environ 0,05 % du plastique par jour sur des échantillons préalablement exposés aux UV.
Ce résultat reste modeste face aux millions de tonnes de déchets qui polluent les océans. Les scientifiques soulignent donc que Parengyodontium album ne constitue pas une solution miracle capable de faire disparaître à lui seul les gigantesques accumulations de plastique présentes dans les mers du globe.
Cependant, cette découverte ouvre de nouvelles pistes de recherche. Mieux comprendre les mécanismes utilisés par ce champignon pourrait permettre, à terme, de développer des technologies de biodégradation plus efficaces et respectueuses des écosystèmes marins.
Pour les chercheurs, cette découverte pourrait n’être que la partie visible de l’iceberg. Les océans abritent une immense diversité de champignons encore peu étudiés, dont certains pourraient eux aussi jouer un rôle dans la dégradation naturelle des déchets plastiques.
Alors que la pollution des océans continue de progresser, ces travaux rappellent que certaines réponses pourraient déjà exister dans la nature. Reste désormais à comprendre comment les exploiter sans perturber davantage les écosystèmes marins.
David SCHMIDT
Écrit par: David SCHMIDT
Ceux qui traversent une situation difficile, qui souhaitent faire connaître une injustice, mettre en lumière un événement de leur vie ou attirer l’attention sur un sujet d’intérêt public pourront toujours trouver une oreille attentive et un espace d’expression.
Commentaires d’articles (0)