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Signal & Sound Mia Johnson
La maturité masculine, une espèce encore en développement
On nous a vendu la maturité masculine comme un mythe grec ; noble, fort, raisonnable et capable de prendre des décisions réfléchies.
Dans la réalité, c’est surtout un Pokémon rare qu’on attend de voir évoluer depuis des années, mais qui reste obstinément bloqué au stade « ado de 35 ans ».
Depuis la cour de récréation, les garçons rêvent de devenir grands.
On se pavane parce qu’on fait plus vieux que son âge.
Traduction : On a trois poils au menton, une voix qui commence à gronder et on dit « bonjour madame » avec un sérieux de ministre.
Mais à peine devenus adultes, ces mêmes spécimens expliquent qu’ils veulent rester de grands enfants.
Comprenez : Acheter une console à 600 euros sans hésiter, mais repousser le paiement d’une facture comme s’il s’agissait d’une opération chirurgicale à cœur ouvert.
Le « C’est pas de ma faute » : l’hymne national de l’immaturité. L’homme émotionnellement immature.
Ce héros moderne qui trouve toujours une explication à ses erreurs, sauf lorsqu’il s’agit de reconnaître qu’il en a commis une. Les psychologues l’étudient depuis des années. Certains pensent même qu’il est plus difficile à comprendre qu’une notice de meuble IKEA traduite du suédois vers le chinois puis vers le français.
À la moindre critique, il dégaine ses deux armes favorites :
– Tu comprends pas ce que je veux dire.
– C’était pour rire.
– Tu t’énerves pour rien.
Le fameux : c’était pour rire ou je rigole, est d’ailleurs devenu le couteau suisse de l’irresponsabilité. Il permet de tout justifier tel une remarque déplacée, une mauvaise blague ou un comportement discutable. Et si la situation devient vraiment compliquée, il sort sa formule magique : C’est pas de ma faute, c’est la vie, c’est les autres, c’est la météo …
À ce niveau-là, même les astrologues commencent à trouver l’excuse un peu facile tel le championnat du monde du renvoi de balle.
Il existe aussi une autre discipline dans laquelle certains excellent : le transfert de responsabilité.
Le principe est simple : – Si t’avais pas fait ça, j’aurais pas fait ça.
Une logique fascinante qui revient à dire que leur comportement dépend entièrement du reste de l’humanité. Autrement dit, si tout le monde était parfait, ils le seraient aussi. Malheureusement pour eux, le monde continue de produire des gens imparfaits à un rythme alarmant. Être mature, ce n’est pas seulement savoir lancer une machine à laver sans appeler sa mère. C’est aussi reconnaître ses émotions, écouter les autres et accepter qu’un désaccord ne soit pas forcément une attaque personnelle. Pour beaucoup d’hommes, gérer une émotion ressemble pourtant à une tentative de réparation d’une centrale nucléaire sans mode d’emploi.
Ça commence par un bruit étrange, puis quelque chose fuit, ensuite ça fume, et finalement quelqu’un s’énerve contre un tournevis qui n’a pourtant rien demandé à personne.
Les super-pouvoirs des adultes.
Les rares adultes émotionnellement matures possèdent des capacités qui paraissent presque surnaturelles :
L’empathie : comprendre ce que ressent l’autre sans répondre par « oui mais moi … ».
La responsabilité : reconnaître ses erreurs sans convoquer un comité d’experts de trois témoins et un avocat.
La communication : parler d’un problème avant qu’il ne se transforme en guerre froide.
Des talents extraordinaires qui devraient être normaux mais qui, parfois, donnent l’impression d’assister à un tour de magie.
Grandir est une option qui existe vraiment, la maturité ne tombe pas du ciel. Elle ne s’installe pas automatiquement le jour de ses 18 ans, pas plus qu’elle n’est incluse avec le permis de conduire ou le premier crédit immobilier. Elle s’apprend, se travaille et parfois, elle arrive brutalement après une rupture, un déménagement, la naissance d’un enfant ou une panne de console un dimanche soir.
Alors messieurs, si vous vous reconnaissez dans les phrases suivantes :
« C’est ton problème, pas le mien. »
« Tu fais une histoire pour rien. »
« Je rigole, t’as pas d’humour. »
Sachez que non, ce n’est pas du second degré, c’est simplement du premier âge. Et à un moment, même Peter Pan sort de son monde imaginaire et finit par payer ses impôts, comme tous le monde.
David SCHMIDT
Écrit par: David SCHMIDT
Ceux qui traversent une situation difficile, qui souhaitent faire connaître une injustice, mettre en lumière un événement de leur vie ou attirer l’attention sur un sujet d’intérêt public pourront toujours trouver une oreille attentive et un espace d’expression.
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