France

Interdire toute forme de prosélytisme ?

Le politique confond la radicalisation avec les pratiques des musulmans.

Le politique confond la radicalisation avec les pratiques des musulmans.

LREM :  je désapprouve les voix de la majorité qui veulent un cadre juridique plus strict aux sorties scolaires. Je préfère rendre hommage aux femmes, notamment des quartiers populaires, qui donnent de leur temps.

Je condamne, avec la plus grande fermeté, l’humiliation infligée à une mère et à son enfant, dans l’enceinte du Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté. L’élu RN Julien Odoul y a exprimé la haine qu’il éprouve pour ses concitoyens musulmans, dans des termes d’une violence inouïe, indignes d’un élu de la République.

Comme le Premier Ministre l’a rappelé, devant l’Assemblée Nationale, le 15 octobre, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen, la loi de 1905 sur la laïcité et la loi du 15 mars 2004 contre les signes ostentatoires à l’école, donnent un cadre précis: les parents qui accompagnent les sorties scolaires n’ont aucune obligation de neutralité. En revanche, ils doivent s’interdire toute forme de prosélytisme.

Je suis exaspéré que la droite républicaine, qui a déjà tenté à deux reprises d’imposer le refus du voile dans les sorties scolaires, emboîte le pas du Rassemblement National et tente, à nouveau, de diviser les Français sur la question. Lors du débat sur l’école de la confiance, nous avons largement repoussé cette idée, que le Sénat voulait nous imposer. La majorité s’est prononcée. Il n’y a plus de sujet, sauf à vouloir fracturer la société et attiser la peur d’une partie des Français. 

Je ne suis pas d’accord et pas solidaire de toutes les voix qui, dans la majorité, voudraient imposer un cadre juridique plus strict aux sorties scolaires. Je veux, au contraire, rendre hommage à toutes ces femmes qui, notamment dans les quartiers populaires, donnent de leur temps et de leur cœur pour que tous les enfants aient accès à des sorties culturelles ou sportives. Je me battrai contre une nouvelle proposition de loi, portée sur ce sujet par les Républicains, alors que le Conseil d’État et la représentation nationale se sont déjà prononcés contre. J’appelle les élus nationaux et locaux à faire clairement connaître leur position sur ce point, à commencer par les différents candidats aux élections municipales. 

Une fois de plus, le débat politique confond la nécessité de lutter contre la radicalisation avec les pratiques de la grande majorité des musulmans.

Personne ne s’honore à entretenir des amalgames et des sous-entendus. L’immense majorité des musulmans est profondément républicaine, avec ou non un voile sur la tête .

Le port du burkini et son interdiction

Le maillot de bain féminin burkini, contraction des mots « burqa » et « bikini », est à l’origine d’une polémique en France quant à son port sur les plages. N’étant pas interdit par la loi sur le voile intégral, ni par la Constitution qui prône la laïcité et la neutralité d’Etat, ce maillot est pourtant visé localement par des arrêtés de certains maires.

Couvrant tout le corps mais laissant le visage apparent, le burkini, inventé par une styliste australienne, est censé concilier sports nautiques et croyance religieuse musulmane. Son interdiction soulève des accusations d’islamophobie, dans un contexte marqué par les attentats et l’état d’urgence passé.

Religion et choc culturel

Le choc culturel est susceptible d’être associé à des données religieuses propres aux mécanismes de conversion personnelle.

Une certaine terminologie employée dans les textes chrétiens évoque ces bouleversements nés du choc psychoculturel. Les concepts de révélation, d’illumination, d’apocalypse (littéralement, révélation), traduisent l’idée d’une commotion mentale, d’un séisme intérieur, concernant la géopolitique et l’histoire séculière des civilisations, par cette notion de choc culturel révélateur. Il convient de noter que le choc culturel religieux diffère du choc culturel géopolitique historique en ce que le premier n’admet pas de relativisme après la conversion à la vérité absolue à laquelle il doit nécessairement aboutir, alors que le second est une suite sans fin de reconversions à des vérités toujours réfutables et perfectibles. La phénoménologie du choc culturel (tels détail, incident, nouveauté, bouleversement, pratique venus d’une autre culture et ayant mis en mouvement des questionnements, des remises en cause,…) et cela, quelle que soit la forme de celle-ci ou sa localisation (des jeunes des pays du Nord ayant grandi dans les pays du Sud ou vice-versa) se traduit par le polyglottisme, le goût contracté pour les voyages, les courants de pensée et les modes qui se diffusent mondialement, une standardisation des styles de vie et de distraction (la world music), l’intérêt pour les questions internationales, la pensée critique à l’égard de son propre système sociopolitique et une bonne disposition à toujours porter le regard au-delà de ses frontières.

David SCHMIDT

David SCHMIDT

Journaliste reporter sur Davidschmidt.fr. Chroniqueur radio sur Form.fr.

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