Vie au quotidien

Les conséquences de l’isolement

Français/Françaises soumis au restrictions sanitaires

Interdiction de se réunir, distanciation physique, confinement… Les décisions prises pour endiguer l’épidémie de Covid-19 ont visé essentiellement à limiter les contacts sociaux physiques au strict minimum.

« Perte d’emploi, de sécurité, de routine quotidienne… L’épidémie de Covid-19 a fait de nombreux dégâts dans nos vies. Face à cette situation, de nombreuses personnes luttent comme elles peuvent. Ainsi, la solitude et l’isolement sont autant de menaces qui pèsent sur elles. »

L’étude révèle que globalement, la population a vu son niveau de solitude augmenter largement. Plus particulièrement, l’impression de solitude s’est renforcée chez les jeunes, les personnes séparées ou divorcées, les personnes atteintes de dépression et celles qui ont des troubles liées à leurs émotions ainsi que chez ceux dont la qualité de sommeil s’est dégradée durant la pandémie.

En comparaison, une étude menée sur le même sujet aux Etats-Unis ne mentionne pas cette augmentation de la solitude auprès de la population. Cette recherche menée auprès de personnes considérées comme vulnérables – car malades, pauvres, âgées, déjà isolées… – s’est déroulée sur trois temps en janvier/février, puis fin mars, puis fin avril.

Les résultats de cette enquête témoignent que les personnes atteintes d’une maladie chronique, par exemple, disent se sentir plus isolées en général, mais à l’inverse de ce que laisse penser l’enquête anglaise, n’indiquent pas une solitude plus grande liée au confinement. Globalement, l’enquête ne montre pas d’augmentation de l’isolement et de la solitude mais plutôt « une résilience remarquable de la population face à la Covid-19 ».

Alors que le confinement a été étendu à trois nouveaux départements, en plus des seize déjà soumis au régime de restrictions sanitaires renforcées, les Français semblent s’accommoder de ce nouveau mode de vie. Selon un sondage Ifop-Fiducial paru le 20 mars dernier, 66% de nos concitoyens approuveraient le reconfinement décrété par l’exécutif. Pis, selon un sondage Elabe dévoilé le 24 mars, ils sont six sur dix à estimer qu’Emmanuel Macron a eu tort de refuser le nouveau confinement que réclamait le Conseil scientifique en janvier.

Nous avons tous besoin de sociabilité !

A la lumière de ces différentes observation, la leçon essentielle à retenir est que nous cherchons tous à conserver ou à développer un réseau social de qualité, à multiplier les contacts sociaux, quelles que soient nos conditions de vie. « Avec un peu de hauteur, les résultats contradictoires de ces deux études nous montrent que malgré les confinements et autres mesures de distanciation physique, nous avons tous besoin d’échanges sociaux. »

Autre enseignement à destination des plus jeunes, qui auraient tendance à souffrir plus facilement de solitude : privilégier la qualité des relations, plutôt que leur quantité, pourrait les aider à moins se sentir seuls. Une bonne occasion de leur dire : « Prends exemple sur tes grands parents ! »

Est-ce à dire qu’une majorité de Français s’est habituée à ployer sous le joug des impératifs sanitaires?

 «Dans le cas du confinement, au-delà du seul motif de la peur, il y avait déjà ce fantasme latent d’arrêter, de faire une pause civilisationnelle. Il y avait un consentement non dit», analyse Vincent Cocquebert.

David SCHMIDT :
Si les épisodes de confinement ont accentué cette tentation du repli sur soi, le phénomène n’est pas nouveau. Loin de là. «Nous vivons une forme de “risquophobie”: on s’applique le principe de précaution au niveau individuel. L’autre nous paraît de plus en plus hostile».

Réseaux sociaux, livraisons à domicile, jeux vidéo, «bulles de filtres» sur Internet (filtrage personnalisé des informations reçues par un internaute) et «Netflix-and-chill» «tout nous pousse à une forme de rétractation» vers notre petite personne.

Au niveau collectif, cette intériorisation prend la forme d’un séparatisme d’un genre nouveau, entre safe space dans les universités et réunions non mixtes dans les milieux syndicalistes. «Le corps social français est constitué de micro-sécessions», diagnostique notre interlocuteur.

David SCHMIDT

David SCHMIDT

Journaliste reporter sur Davidschmidt.fr. Chroniqueur radio sur Form.fr.

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